Infirmier Forumzen


 
AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 100 ans d’histoire de la profession infirmière

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Manolo
Admin
Admin


Nombre de messages : 718
Age : 36
Emploi : Infirmier de Nuit en Cardiologie
Date d'inscription : 08/02/2006

MessageSujet: 100 ans d’histoire de la profession infirmière   Mar 7 Avr - 6:02

On distingue 3 phases :

Citation :
Phase 1 (années 1870 à 1918) :

Volonté de remplacer les religieuses par des laïques.

Ceci fait apparaître des débats autour de la notion de vocation ou de profession ainsi que des tensions autour de la notion de soin ou de service. En d’autre terme, la question de savoir si le métier d’infirmière relève d’une vocation ou est l’expression d’un désir de profession se pose. Il n’y a pas dans cette phase de définition précise de la profession en raison de la diversité des fonctions ainsi que des diverses origines sociales des infirmières.

Citation :
Phase 2 (années 1920 à années 1960) :

La profession s’appuie sur une formation qui débouche sur un diplôme.

Malgré tout, la profession demeure très hétérogène et la formation est encore réduite.
Les compétences nouvelles (techniques) ne sont pas reconnues en terme de diplôme et de salaire.

Citation :
Phase 3 (années 1960 à aujourd’hui) :

Pendant cette période il y a une évolution très rapide et importante des techniques.

La profession se trouve alors enrichie mais aussi divisée, on observe la naissance d’une ambivalence. C'est-à-dire qu’on attend un rôle technique de plus en plus pointu et en même temps, un rôle social développé, d’où la contradiction.
Cette contradiction conduira aux manifestations des années 80 autour du fait de la reconnaissance sur l’utilisation de ces nouvelles techniques et la difficulté d’être à la fois technique et sociale.

De la servante à la soignante


Jusqu’à la fin du 18eme siècle, les hôpitaux accueillent les indigents. L’hôpital est le dernier recours, c’est le refuge où l’on vient mourir mais pas un lieu de soin, puisque les techniques médicales ne sont pas encore présentes.La chose qui soit faite à l’hôpital à cette époque, c’est de nourrir les gens. C’est la tradition chrétienne qui confie les pauvres aux religieuses dans le cadre de la charité.

Les religieuses sont des assistantes morales aux mourants, aux plus pauvres.

Les découvertes de Pasteur (asepsie) vont entraîner une réorganisation de l’hôpital. On assiste à la mise en place d’une politique d’hygiène sociale, de santé publique pour combattre la propagation des maladies, mais pas encore leur éradication.
Le rôle social du médecin devient plus important (grâce aux découvertes de Pasteur), notamment les diagnostics. Ainsi, les gestes techniques font leur apparition, se développent de plus en plus et par conséquent se dévalorisent selon le principe de ce qui est rare est cher et vice versa.

La dévalorisation des gestes entraîne une dévalorisation de ceux qui les accomplissent, c'est-à-dire les religieuses.

Les années 1870 marquent le début de l’instauration de la 3eme République. A la fin des années 1870, la place de République augmente face à celle du clergé. Il n’y a pas encore de séparation église / état mais l’idée fait son chemin. Par conséquent, les religieuses ne font plus l’affaire auprès des médecins républicains. On reproche aux religieuses de faire preuve d’esprit d’indépendance par rapport aux médecins mais aussi le fait qu’elles considèrent être porteuses d’un savoir faire et d’une tradition.

Donc, on voit apparaître des tensions entre les nouvelles générations et les religieuses. On les sanctionne également sur le fait qu’elles soient hermétiques aux nouvelles techniques (vaccination, thermomètre, anesthésie, etc.). La religieuse et son habit deviennent une image du passé pour ces médecins.

La volonté de laïciser la profession apparaît en 1893 par le biais de la loi sur l’assistance médicale gratuite et la création des écoles d’infirmières (1 année d’étude + 1 année de stage rémunéré). L’état doit garantir (en théorie) la santé des plus pauvres. A travers cette loi, l’infirmière laïque apparaît, mais ses qualités restent proches de celles de la religieuse que l’on veut chasser. L’infirmière laïque est utilisée pour représenter l’état par ses qualités morales (enthousiasme, soucis de propreté, dévouement, etc.).

Dans les hôpitaux, il existait déjà des laïques, mais en qualité de serveuse, aucune tache médicale ou paramédicale. Les médecins républicains vont tentés d’utiliser cette main d’œuvre, mais ces femmes ne restaient pas à l’hôpital qui était pour elles une situation temporaire dans l’attente d’une meilleure situation.

En résumé, les 2 «ancêtres» de l’infirmière sont la religieuse et la servante.

A cette période, il existe une lutte entre les cléricaux et les républicains. Les infirmières laïques étaient salariées et logées à l’hôpital bien souvent dans des conditions désastreuses, faute de pouvoir faire autrement du point de vue financier.
A partir de 1878, des cours municipaux sont organisés par un médecin anticlérical (Dr Bourneville), ces cours étaient ouverts à l’ensemble du personnel de l’assistance publique. La formation avait lieu le soir et sa durée était de 8 mois. Cependant, les horaires (soir) et la durée des études étaient souvent incompatibles avec l’emploi du temps des serveuses et le nombre de soignantes formées pour remplacer les religieuses restait faible.

Au début du 20eme siècle, la profession est extrêmement divisée, on trouve 4 catégories d’infirmières :

* Les religieuses
Elles sont très présentes dans les hôpitaux et au chevet du malade, 24h/24h, elles sont religieuses avant d’être soignante et possèdent de nombreuses qualités morales

* Les infirmières de la croix rouge
Elles sont toutes recrutées au sommet de la hiérarchie sociale, parfois même par des critères de naissance

* Les infirmières issues des écoles privées
Souvent fondées par des femmes de la bourgeoisie ou par des médecins. Ces écoles sont très sélectives socialement, mais dispense une éducation plus technique

* Les infirmières issues de l’hôpital de l’assistance publique
Elles ont suivies les cours du soir.

La profession n’est pas unifiée, avec des rivalités entre les «publiques» (AP) et celles de la croix rouge. Ces tensions sont également entretenues par les médecins qui freinent la naissance de l’apparition de notion de corps.

Des années 1920 aux années 1960 : vers une unification de la profession

Après la seconde guerre mondiale, de nombreuses femmes souhaitent s’intégrer dans le monde du travail. Elles se heurtent alors à la présence des bénévoles (religieuses et croix rouge).

Un premier tournant est marqué par l’apparition d’un diplôme d’état. Chaptal rédige un rapport qui fixe les règles d’apprentissage technique et le fait que les infirmières soient rémunérées.

Un décret de 1922, reconnaît les diplômes nationaux d’infirmières :
- Le brevet d’infirmière hospitalière,
- Le brevet d’infirmière visiteuse des tuberculeux,
- Le brevet d’infirmière visiteuse de l’enfance
.

Il existe donc des tentatives de professionnalisation.

Cependant, l’état qui créé le diplôme en 1922 ne donne pas l’obligation aux hôpitaux et cliniques de n’embaucher que des infirmières DE. Dans le même temps, le nombre de patient commence à augmenter régulièrement du fait des progrès de la médecine (on fait de plus en plus confiance au médecin), le personnel soignant sortant des écoles n’est pas assez nombreux.

Fin 1920, début 1930, on assiste à la mise en place des premiers systèmes d’assistance sociale (mutuelle), puis en 1945, la création de la sécurité sociale.

Ces éléments vont doper la demande de soin. Les infirmières sans DE vont obtenir de l’état (exigence d’urgence du à l’augmentation de la demande de soin) une équivalence par rapport à celles réellement formées. De ce fait, la pénurie s’éloigne.

Cependant, la concurrence entre les infirmières DE et les infirmières non DE est forte, notamment en période de crise ou les hôpitaux utilisent alors la seconde catégorie plus économique.

C’est aussi l’époque ou on remplace les infirmières visiteuses par des assistantes sociales. Ainsi, les infirmières se dirigent de plus en plus vers des rôles techniques.
On voit apparaître également (1930-1940) des nouvelles fonctions chez les infirmières, les infirmières scolaires, du travail et militaires. On redivise ainsi la profession en spécialités qui nuit à l’unification.

Pour unifier, il faut définir la profession.
Les premières définitions de l’infirmière se font en 1943 sous le régime de Vichy. L’infirmière doit suivre les prescriptions médicales du médecin et les établissements ont l’obligation d’embaucher des infirmières DE.

Après 1945, l’augmentation de la population ainsi que la naissance de la sécurité sociale fait qu’il faut trouver plus de personnel infirmier. L’obligation d’embaucher du personnel infirmier devient caduque, cette pénurie entraîne une diminution du temps de formation, une diminution du niveau d’étude, une diminution du niveau de recrutement et une diminution des qualifications.

Les gestes techniques sont en progression, ils sont de plus en plus fréquent, les infirmières doivent acquérir ces nouvelles compétences ; d’où la contradiction avec les anciennes lois qui prônent plus de nursing.

Fin 1960 : création des écoles de cadres infirmiers.

Des années 1960 à nos jours : spécialisation ou polyvalence

Les techniques de soins se développent de plus en plus pendant cette période.
On impose aux infirmières la spécialisation et la polyvalence, c’est l’injonction contradictoire. Ces infirmières sont entraîner dans une double évolution, devenir des techniciennes et maintenir une certaine polyvalence (administratif, social,…).

Certaines tentatives sont faites pour résoudre ces contradictions :
- Création d’une catégorie par le bas : les aides soignantes (en 1956),
- Elargissement du cadre de la profession : d’avantage de spécialisation technique (IBODE, IADE, Puéricultrice).

Source: http://quesnel.stephan.free.fr/Index.htm

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://infirmier.forumzen.com
 
100 ans d’histoire de la profession infirmière
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» INFIRMIERE : Histoire d’une profession.
» INFIRMIERE : Historique de la profession.
» Belle histoire touchante : "Les Yeux de l'Âme"
» Histoire du métier AIDE SOIGNANTE
» Petite histoire ...... d'infirmiere . Une drôle d'infirmière

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Infirmier Forumzen :: Modules Divers :: Sciences Humaines-
Sauter vers: